Sous l’aile du Concombre

41LQidjANVL.jpg





EUR 3,75



Le roman

Autodidacte complexé, la quarantaine hypocondriaque, Hubert est grand scrutateur de fesses de dames et, accessoirement, « conseil en ressources humaines ». Au long de stages pour cadres stressés, il manie avec brio l’analyse transactionnelle, la programmation neurolinguistique et autres disciplines aux noms d’oiseaux.

Cela ne l’empêche pas d’être aussi bancal du sentiment qu’on peut l’être. Hubert boite d’une aventure à une autre, fuyant le moindre atome crochu, fût-il fessu. Par-dessus tout, il exècre le mariage, institution maudite entre toutes, dans laquelle ses parents se sont morfondus « à cause des enfants ». Et quand il retourne dans sa campagne natale, il passe d’une maison à l’autre, de celle du père à celle de la mère, séparées par une simple rue depuis que ces deux-là, enfin, en ont fait autant il y a vingt-cinq ans. Une Maman enveloppante et discrètement inquiète, un Papa taciturne qui n’a jamais su dire plus de trois mots de suite à ses enfants, aussi faits l’un pour l’autre que leur fils est fait pour les épousailles.
Bien sûr, depuis peu, il y a Milady, si désarçonnante dans leurs galops nocturnes, dont il commence (détail dangereusement révélateur) à voir autre chose que la croupe.
Hubert est-il condamné à la solitude ? Cette rencontre inespérée entre ce fils et ce père, malades l’un de l’autre, mais trop maladroits pour se l’avouer, aura-t-elle enfin lieu ?

En tout cas, Hubert sera aidé pour y parvenir, d’une part par un événement à proprement parler hallucinant qui lui vrillera les entrailles, événement auquel il répliquera par un colossal mensonge, et, d’autre part, grâce à deux singuliers intermédiaires : Joseph, dit Le Concombre, un ami de son père, gros, gras, un brin porté sur le gorgeon mais acharné à vouloir, pour son seul plaisir, le bonheur des autres ; et puis Marine, la nièce, qui va s’acoquiner avec Joseph pour que son oncle cesse enfin de refuser d’être heureux.

L’auteur

Après avoir été comédien, recenseur de cimetière, agent d’assurance, vendeur d’abonnements chez France-Loisirs, laborantin dans une beurrerie, etc., Henri Girard se mit au travail — sérieusement, affirme-t-il — gagnant ses galons de « déhèrache » dans une grande entreprise.

Sentant la retraite arriver, il s’est peu à peu voué au livre, tant comme romancier et nouvelliste que, un peu plus tard, comme conseiller littéraire.
Par ailleurs, vaillant défenseur du point-virgule et de l’imparfait du subjonctif, plus généralement de la langue française, il milite dans des associations qui s’y consacrent.
Il éclaire, à travers son travail littéraire, ce que le quotidien recèle de décalages, de grains de sable. Alors sa plume fouille, sonde pour en extirper sourires ou émotions.
Il possède avant tout l’appétit insatiable d’un gai curieux. L’amour qu’il porte à ses personnages — souvent de petites gens de son terroir bas-normand — est servi par une langue truculente, très travaillée.
À l’instar de René Fallet qui disait user d’une veine « beaujolais » pour ses romans cocasses et d’une veine « whisky » pour ceux plus dramatiques, l’œuvre de Henri Girard, origines obligent, est irrigué par le cidre bouché où par le calvados hors d’âge, selon son humeur littéraire.

Avec lui, on rit, on s’attendrit et, cerise sur le gâteau, on se prend au jeu d’une intrigue qui, dans chaque roman, qu’il soit cocasse ou plus dramatique, tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

December 27th, 2016 by